Maudits soient-ils -- Version alternative (Titres en téléchargement libre)
- Il pleure dans mon coeur 4:06
- Sur le balcon 3:31
- Pensionnaires (les) 2:24
- Chanson d'automne 3:16
- Espoir luit (l') 2:08
- Colloque sentimental 2:20
- Clair de lune 2:41
- Soleils couchants 1:47
- Mon rêve familier 2:13
- Green 2:48
- Art poétique 2:45
- Ecoutez la chanson bien douce 2:12
- Mon fils est mort 1:58
- Il patinait merveilleusement 1:00
- Ame te souvient-il ? 1:33
- Ô triste triste était mon âme 1:29
- Je vous vois encore 0:59
- Assis (les) 2:51
léo Ferré Verlaine & Rimbaud (2° prise)
Préambule
Nous ne connaissons pas, avec suffisamment de précisons, les circonstances
dans lesquelles ont été réalisés les enregistrements publiés dans ce double
album. Nous sommes donc condamnés, dans l¹état actuel de nos connaissances,
à la pratique délicate de la déduction et des suppositions hasardeuses. Sans
compter que les diverses bandes retrouvées dans les archives personnels de
Léo ne constituent sans doute pas la totalité des prises enregistrées à
l¹époque lors des diverses séances. D¹autre part la qualité sonore de ces
enregistrements n¹est pas toujours exempte de reproches, cependant toutes
les techniques modernes de restauration ont été utilisées afin de permettre
un confort d¹écoute optimal. Précisons qu¹il n¹a été pratiqué à aucun
montage ni à aucune coupure, y recourir eut été facile voire tentant, mais
nous tenions à préserver cet atmosphère intime du moment de la création.
Ainsi, telles de petites souris indiscrètes nous devenons les témoins
privilégiés de ces instants extraordinaires ou le musicien en pleine
inspiration nous entrouvre les portes de son jardin secret.
Léo Ferré et Arthur Rimbaud
Les premières mises en musique par Léo Ferré de poèmes de Rimbaud ont sans
doute été réalisées à la fin de la série consacrée à Verlaine. Il semble
probable que, suite à son disque Aragon, Léo ait d¹abord envisagé un disque
exclusivement Verlaine. Concernant Rimbaud, son souhait fût peut-être
d¹aboutir « avant toute chose » l¹enregistrement de Une Saison en enfer. Il
existe dans les archives un enregistrement intégral de cette ¦uvre
« fleuve » de Rimbaud dont nous proposons ici quatre extraits pour compléter
le présent recueil. A quel moment et dans quelles circonstances Léo
décide-t-il d¹associer Verlaine et Rimbaud dans le même album, cette
question reste sans réponse. Ce qu¹on peut remarquer c¹est que Léo durant
cette période ne réalise « que » 13 poèmes de Rimbaud contre 24 de Verlaine,
sans compter qu¹il emprunte à « Sur le balcon » la musique qui habillera
désormais « L¹étoile a pleuré rose ». En revanche il revisitera
régulièrement et jusqu¹à sa mort l¹¦uvre de Rimbaud. Au printemps 1979 sous
le titre « Travaux en cours » Léo dresse une liste d¹une trentaine de ses
propres titres suivi de : Rimbaud : Le bateau ivre, Une saison en enfer,
Illuminations (suivi d¹une vingtaine de « nouveaux » poèmes de Baudelaire).
Le bateau ivre sera enregistré en décembre 1980 pour figurer sur l¹album
LudwigŠ, Une saison en enfer sera enfin réalisée en septembre 1991, en
revanche il n¹existe à ce jour aucune trace d¹un travail concernant
Illuminations. Voyelles apparaît à l¹automne 81 sur le programme
d¹enregistrement de l¹album Ludwig mais ne sera pas réalisé. En 82, Voyelles
apparaît de nouveau sur une liste d¹enregistrements potentiels en compagnie
de Le sonnet du Š au milieu d¹une vingtaine d¹autres textes de Léo. Ces deux
poèmes de Rimbaud figureront encore sur la liste pour un projet de « Disque
84/85 » qui ne verra jamais le jour. Durant l¹année 1985 Léo prépare un
album consacré exclusivement aux poètes et Le Sonnet & Voyelles
disparaissent alors au profit de On n¹est pas sérieux quand on a 17 ans
(Roman) et de La Maline. Si c¹est album reste une fois encore à l¹état de
projet, il sera néanmoins à l¹origine de la tournée « Léo Ferré chante Les
Poètes » de 1986, immortalisée par le DVD capté en octobre & novembre au TLP
Dejazet. C¹est à notre connaissance la seconde fois qu¹un tour de chant de
Léo est intégralement consacré aux poètes. (le premier datant de...
Léo Ferré et Paul Verlaine
La première rencontre entre le musicien et le poète date de l¹année 1927.
Léo Ferré ébauche la mélodie a capella de Soleils Couchants. Il est alors
élève chez les frères des écoles chrétiennes, où il pratique le chant choral
se confrontant aux ¦uvres de Palestrina et de Tomas Luis Da Victoria, en
cachette il lit les poèmes de Mallarmé, Baudelaire, Verlaine et Rimbaud. En
1935, cette fois au piano, il met en musique un autre poème de Verlaine,
sans doute « Ce piano que baise une main frêle » pour lequel il n¹a été
retrouvé que la partition. Avant de revenir à Verlaine, Léo Ferré consacrera
une année à Guillaume Apollinaire (1952/53, La Chanson du Mal-aimé & Le Pont
Mirabeau), une autre à Charles Baudelaire (1956/57, 12 poèmes de Les fleurs
du mal) et le printemps 1959 à Aragon (13 poèmes dont 10 publiés en 1961).
Les 24 poèmes de Verlaine proposés dans le présent recueil constitue à ce
jour la quasi-totalité du travail effectué par Léo Ferré autour de l¹¦uvre
de Verlaine. Il est difficile d¹établir avec précision la date de ces
enregistrements, réalisés sans doute au domicile du compositeur à partir de
l¹été 59, comme en témoignent les premières livraisons à la radio de Green
(juin 59), de Sérénade (octobre 59) et de Art Poétique (juin 60). Des
diverses bandes retrouvés dans les archives personnelles de Léo Ferré, nous
avons extrait 19 titres réalisés au piano et 5 « a capella ». Concernant les
19 « piano » il existe également pour 11 d¹entre eux une seconde prise avec
piano et pour 6 autres une seconde prise « a capella ». Il a été décidé lors
du montage de cet album de ne publier qu¹une version par titre en optant
pour celle qui nous semblait la meilleure. Nous avons désormais la
confirmation du mode opératoire de Léo Ferré concernant la mise en musique
des textes des poètes. Une première version « a capella » où s¹ébauche la
mélodie (sur les bandes d¹origine on entend Léo annoncer le numéro de la
page du recueil qu¹il utilise précédant le titre du poème). Une deuxième
version au piano où la mélodie s¹affirme et prend sa forme définitive et
enfin une troisième version « définitive » peut-être destinée dans le cas de
Verlaine et de Rimbaud à son « orchestrateur » de l¹époque Jean-Michel
Defaye. Ceux qui connaissent les versions officielles orchestrées et
publiées en 1964, remarqueront à quel point...
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