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Ferré et ses interprètes.
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thierry



Inscrit le: 16 Oct 2006
Messages: 355

MessagePosté le: Mer Oct 18, 2006 9:20 pm    Sujet du message: Ferré et ses interprètes. Répondre en citant

Est sorti en début d'année une bio sur Cora Vaucaire sous forme de questions-réponses*. Il y a dedans cinq pages consacrées à Ferré (je ne fais que commencer le bouquin) dont je tape avec mes petites mimines seulement quelques bribes car je rencontre des soucis avec textbridge Crying or Very sad

"J’ai chanté Léo, pas assez à mon gré… J’aurai voulu tout chanter, c’est vrai ! Il nous a apporté tout un monde… Et Léo, ça ne bouge pas : c’est une vraie musique, qui n’a pas d’époque, qui n’a pas de temps, qui, je pense, doit durer indéfiniment. Je crois que Léo Ferré ne sera jamais démodé, parce que si vous écoutez sa musique, ce n’est pas une musique de mode…"

A propos de Pauvre Rutebeuf

Alors là, c’est toute une histoire, Pauvre Rutebeuf. Moi je connaissais Rutebeuf parce que, quand j’avais passé un concours au Conservatoire, on m’avait demandé : " Pouvez-vous me parler de Rutebeuf ? " J’avais dit : non !... Villon à la rigueur, mais Rutebeuf, c’était avant. Par la suite, je me suis rancardée !... Et quand Léo a pris les poèmes de Rutebeuf, c’était merveilleux ce qu’il avait réussi à ramasser dans plusieurs poèmes.
J’enregistre chez Pathé Pauvre Rutebeuf… On l’interdit !... On interdit la chanson parce que à ce moment-là, il y avait des interdits à la radio. Pourquoi ? Parce qu’il y avait " Et droit au cul quand bise vente… " : on avait pas le droit de dire ça. On ne pouvait pas la chanter, pas la passer. Alors j’étais très embêtée, même furieuse !
Léo n’était pas là, je me suis dit " Ca m’embête, j’y tiens beaucoup… alors que faire ? ".
Et puisque c’est une chanson, quand même, d’amour : " Que sont mes amis devenus / Que j’avais de si près tenus et tant aimés / ils ont été trop clairsemés… " je mets " droit au cœur quand bise vente… ", à la place de droit au cul… qui avait fait interdire la chanson.
Alors j’ai reçu un télégramme de Léo me disant ; " Ma pauvre chérie, si tu confonds les deux, ça devient grave ! " Bon !... On l’a laissée quand même comme ça, puisque ça avait pu passer… Mais Pathé n’a pas sorti le disque à l’époque**. C’a été chanté après par la chanteuse américaine, Joan Baez : " Et droit au kiuuu… " Ca passe, ça !...très bien !... Plus tard je l’ai refait … je l’ai enregistré chez Le Chant du Monde avec la bonne fin. C’a finalement été permis à la radio, mais longtemps après quand même. "

Dans le livre de Quentin Dupont (voir bon de commande...) page 371 on trouve la réponse de Ferré aux propos de Cora Vaucaire. Entre autre quand il apprend le changement de texte/le fait que Ferré finalement rencontre le même problème avec la télégraphiste que Cora Vaucaire avec les moeurs de l'époque.../un amalgame sur les dates discographiques (deux époques bien différentes)/la raison de la non sortie du disque. "

Pour mémoire Wink http://leoferre.signatures.free.fr/titres%20P/Pauvre%20Rutebeuf.htm


*Cora Vaucaire L'intemporelle. Entretiens avec Marin Pénet aux Editions de Fallois.
**Ce titre, enregistré en avril 1957, attendra 1999 pour voir le jour sur un CD consacré à Cora Vaucaire…
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thierry



Inscrit le: 16 Oct 2006
Messages: 355

MessagePosté le: Jeu Oct 19, 2006 8:44 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Ce qui est amusant à constater je trouve avec cette histoire de Pauvre Rutebeuf c'est la façon de raconter des deux protagonistes. D'un côté Cora Vaucaire qui se dit embêtée ne pouvant enregistrer la chanson et ne pouvant contacter Ferré pour avis, elle est même furieuse... Peut-être n'a t-elle pas eu le temps de prendre ses dispositions comme Jacques Douai qui la même année enregistre cette chanson dans sa version originale... Et puis la réaction de Ferré pas content du tout parce que l'on ne respecte pas son travail mais que je n'ai jamais lu ou entendu (sauf erreur) s'être fâché après Michèle Arnaud qui supprime purement et simplement des strophes entières dans son interprétation sans oublier bien entendu "droit au cul". Etonnant également que Ferré n'ait rien trouvé à redire lorsque que dame Mouskouri chante (nous sommes en 1970) "et droit sur moi quand bise vente". Je ne connais pas les versions par exemple de Germaine Montéro, Monique Morelli ou Hélène Martin quelqu'un pourrait peut-être m'en dire plus ???
Enfin tout aussi étonnant et "amusant" lorsqu'on sait comme signalé sur l'ancien forum par un intervenant assidu dont je respecte l'anonymat et la discrétion actuelle Mr. Green que Rutebeuf écrivit "et froid au cul".
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Mathieu Ferré



Inscrit le: 13 Oct 2006
Messages: 19

MessagePosté le: Ven Oct 20, 2006 7:44 am    Sujet du message: Pauvre interprète ! Répondre en citant

Dans ta liste tu oublie "l'ami" Barbelivien qui lui fait une nouvelle version avec " Et droit sur M O I quand bise vente" étrange non ! Surtout que sur le livret il ya la bonne version.
Je suppose d'ailleurs que Léo a du raconter l'histoire du télegramme, Bizarre alors que en 2006 un type comme ca ne se sente pas de dire CUL, moi ca me choque...
Evil or Very Mad
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thierry



Inscrit le: 16 Oct 2006
Messages: 355

MessagePosté le: Ven Oct 20, 2006 10:51 am    Sujet du message: Répondre en citant

Barbelivien rien que sa voix j’ai une poussée d’urticaire donc je ne connais rien de son album de reprises. Ca me revient effectivement un ami m’avait relaté cette version et de mémoire je crois qu’il a interprété tout simplement la version de Mouskouri … Est-ce vraiment le mot « cul » qui le gêne par rapport à son habituelle clientèle je crois surtout qu’il s’agit de sa part d’une méconnaissance du texte ce qui ne vaut pas mieux…
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ARKEL



Inscrit le: 23 Oct 2006
Messages: 236

MessagePosté le: Lun Oct 23, 2006 2:39 pm    Sujet du message: Re: Ferré et ses interprètes. Répondre en citant

j'ai suivi ton conseil...très déçue non pas du site, car Mathieu se donne sûrement beaucoup de mal et je l'en félicite. Mais pour tout ce nouveau forum je comprend pas grand chose à cette nouvelle version, comme Plecreux "what is this le BB etc..?? peut-être vais-je m'habituer ?? Merci de ton mail - Au moins je suis réinscrite, hélas j'ai mis mon nom ce qui n'étais pas mon but je préférais "Arkel" bon à suivre...A part cela je reviens de Panam et bien sûr j'ai refais mon chemin Ferré à ST Germain ...Impossible de retrouver la "Pergola" à Mabillon ou se situait l' Arlequin (Gaby) J'adore cette chanson de Léo- Il y a bien un magasin de fringue avec une pergola devant le m° Mbillon est-ce cet ETB ??
- Bisousl[/i]
_________________
Aimez la vie, alors la vie vous aimera
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thierry



Inscrit le: 16 Oct 2006
Messages: 355

MessagePosté le: Lun Oct 23, 2006 4:30 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Hello Monique,

Mon conseil était puisque ton mot de passe te jouait des tours de te réinscrire sur le nouveau forum en réutilisant pseudo + mdp. Rien ne t’empêchait me semble t-il d’utiliser ton pseudo préferé.

@+
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thierry



Inscrit le: 16 Oct 2006
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MessagePosté le: Mar Oct 24, 2006 12:31 pm    Sujet du message: ZAD Répondre en citant

Au rayon des interprètes il en est un dont l’air me traîne dans la tête depuis quelques temps déjà… Zad (album éponyme – MCA – 1996), j’étais curieux d’entendre comment était traité « La langue française », autre chanson de Ferré peu reprise. La batterie au rythme syncopée accompagnée de nappes de synthés donne (malgré l’ interprétation un peu vieillissante musicalement) donne envie de se dégourdir les arpions sur le dance-floor de son séjour-cuisine.
J’ai bien entendu fait écouter ce morceau à Mona l’Isa lui précisant qu’il s’agissait d’une reprise et que seule la musique était différente. Me connaissant la miss a pensé Ferré mais n’a pas songé à le nommer, raison invoquée "texte trop moderne". Surprise ensuite à l’écoute de la version de 1962… "Trop moderne", de quoi me mettre de bonne humeur jusqu’à la fin de la journée…
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thierry



Inscrit le: 16 Oct 2006
Messages: 355

MessagePosté le: Mer Oct 25, 2006 9:13 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Ca y est ! J’ai fini par me débarrasser de la chanson de Zad… Sinon un artiste français que j’achète les yeux fermés et qui n’a pas je trouve la reconnaissance méritée : Daran qui avec ou sans ses chaises mériterait aussi bien pour ne pas dire mieux que n’importe quel Calogéro, De Palmas ou Obispo confondus. A défaut il bosse avec certains d’entre eux et pire encore…
Le rapport avec Ferré ? Le sieur Jean-Jacques a enregistré "Avec le temps" sur l’album "Pêcheur de pierres" puisqu’il avait une journée à perdre et un projet vieux de quinze ans à réaliser, sic ! (voir le lien qui date maintenant http://musicactu.com/Sonneries,Mobile/search/17206_47_Daran--sonnerie-musique-telechargement.html). Personnellement sa version ne me touche pas plus que ça.

Une chanson chassant l’autre je pense à Daran dont un album est prévu pour fin 2006 ou début d’année prochaine. Alors une petite pour la route écrite par Alana Filippi non inscrite sur ce forum Mr. Green

J'ai dans mon séjour un prototype
d'aquarium
Avec antenne et télécommande
Pour voir les poissons, faut appuyer
sur le bouton
Et monter le son pour les entendre
Ca nage dans le bonheur tous les soirs
à la même heure
Et plus ça mousse et plus ça déborde
Dans les grands moments, le
capitaine sourit tellement
Qu'on a l'impression qu'il va mordre

Je n'veux pas finir noyé dans l'aquarium
Je n'veux pas finir noyé dans l'aquarium

J'ai trempé mes pieds pour voir un
peu comment ça fait
D'être à la place de ceux qu'on regarde
J'me suis retrouvé en train de faire
semblant de chanter
Entre deux crevettes exécrables

Je n'veux pas finir noyé dans l'aquarium
Je n'veux pas finir noyé dans l'aquarium

J'suis perplexe, j'en parle avec Alex le
réparateur
Changez l'eau, dit-il en connaisseur
L'image sera peut-être meilleure
Quant à vos poissons avec la tête
qu'ils ont
Ils sont tout juste bon pour la friture
Sacrée déception, par chance j'ai la
télévision
Pourvu que ça pourvu que ça dure

Je n'veux pas finir noyé dans l'aquarium
Je n'veux pas finir noyé dans l'aquarium
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Mélusine



Inscrit le: 04 Nov 2006
Messages: 2

MessagePosté le: Sam Nov 04, 2006 12:54 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Bonjour,

J'espère avoit tout bien compris au sujet et ainsi pouvoir vous parler sans dévier , d'un autre interpète de l'oeuvre de Ferré. Il s'agit d'Hubert-Félix Thiéfaine.
Il y a quelques années, il avait interprété "La solitude" (sur son album live Paris-Zénith). Il a récidivé lors des concerts hommage à Ferré en Suisse et à Lyon (en 2003 il me semble) en interprétant plusieurs autres titres (mais je ne sais pas lesquels). Il n'y a pas eu d'enregistrement publié de ces deux soirées qui avaient accueilli plusieurs artistes.
Sur sa tournée en solitaire, lors de plusieurs concerts, il a interprété (en accoustique) 20 ans, La mémoire et la mer, Avec le temps... Il n'existe pas d'enregistrements publiés à ce jour.
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Bakounine



Inscrit le: 27 Oct 2006
Messages: 90

MessagePosté le: Sam Nov 04, 2006 11:14 pm    Sujet du message: HTF a en effet chanté Léo Répondre en citant

Pour ta gouverne mélusine, HTF a bein chanté Léo, mais il a d'abord compris l'homme, l'artiste, le penseur. Et c'est ainsi que HFT a compris le sens de l'écriture, et l'impact de Léo génie de la création, et de la sublimation, son oeuvre. L'empreinte de Léo, sa victoire de l'Anarchie à venir, son combat pour le vrai contre le faux, marque à jamais les âmes dotées d'une sensibilité naturelle et comprise. HFT est peut-etre de cela..Mais quand on chante avec Cali c'est pas encore gagné....
Encore un effort pour les fanas de HFT, bientôt vous arriverez à comprendre les textes D'HFT et si tout va bien dans dix milles ans vous comprendrez ceux de cet immense homme LEO FERRE.
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Mélusine



Inscrit le: 04 Nov 2006
Messages: 2

MessagePosté le: Dim Nov 05, 2006 10:30 am    Sujet du message: Répondre en citant

Je ne crois pas t'avoir demandé quoi que ce soit sur mes capacités à comprendre les textes de l'un ou de l'autre alors tu seras bien aimable de garder tes jugements et tes réactions bien puantes pour toi!!

Et puis restes ici, ça nous fera des vacances ailleurs!
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thierry



Inscrit le: 16 Oct 2006
Messages: 355

MessagePosté le: Lun Nov 06, 2006 10:31 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Pour en revenir aux entretiens entre Martin Penet et Cora Vaucaire, quelques extraits choisis.

M. P. Pourquoi avez-vous quitté L’Échelle de Jacob?

C. V. Mme Lebrun était un personnage extravagant. J’étais la principale chanteuse, mais très mal payée. Au bout d’un an, quelqu’un m’a dit :
— Tu passes toujours dans les mêmes conditions ! Te rends-tu compte que tu es la vedette de cet endroit?
«Vedette », pour moi, ça n’avait aucune signification. Et un jour, des petits chanteurs nouveaux sont venus me trouver, ils m’ont coincée dans la rue Jacob et m’ont dit :
— Ecoutez, Cora, il faut qu’on vous dise une chose : vous chantez très longtemps, vous faites un récital et vous êtes si mal payée qu’on ne peut rien demander pour nous. Quand on va quelque part, on nous dit: «Cora touche ça, alors vous comprenez, on ne peut pas vous payer...»
Alors là, j’ai été très surprise. Je ne sais pas combien elle me donnait, mais vraiment, trois fois rien ! Ça m’a choquée, et ça m’a fait réfléchir... J’ai vu Mme Lebrun. On a marché longtemps dans la rue. C’était très difficile pour moi de lui demander de m’augmenter, mais je me suis lancée... Elle m’a alors répondu qu’elle n’avait besoin de personne, car L’Échelle de Jacob était connue dans le monde entier... Ça m’a fait un coup.
Comme elle ne voulait rien changer, je me suis dit, à ce moment-là je dois partir.
Ma nature reprenant le dessus, je lui ai expliqué :
— Je ne peux pas rester à ce prix-là, car je fais du tort à tout le monde. D’autres ne se font pas payer à cause de moi, donc dans ces conditions je vais partir à la fin de cette semaine.
— Oui.
Elle n’a pas voulu comprendre... Alors j’ai ajouté :
— Vous n’êtes pas fâchée?
— Non, je ne suis pas fâchée.
— Alors, je m’arrête.
Et j’ai dit au directeur artistique, Pierre Arvay, en arrivant :
— Je pars ! À la fin de la semaine, j’arrête...
Il a essayé de me retenir, mais il n’a pas dû me croire vraiment...
Et le lendemain de mon départ, il m’a téléphoné, affolé:
— Je vous avais demandé de ne pas partir, ç’a été affreux, les gens étaient furieux, certains se sont battus. Enfin, ç’a été épouvantable, parce qu’on leur a dit: «Oui, oui, tout à l’heure, tout à l’heure.., elle arrive, elle va être là, elle va être là... » Et puis vous n’êtes pas venue... Vous revenez ?
Mais c’était trop tard...
Et puis Léo Ferré a été demandé par Mme Lebrun. Alors je lui ai recommandé de l’assommer ! Ça, il savait le faire. Il a exigé un gros cachet et il m’a succédé à L’Échelle de Jacob.
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thierry



Inscrit le: 16 Oct 2006
Messages: 355

MessagePosté le: Lun Nov 06, 2006 10:44 pm    Sujet du message: Répondre en citant

M. P. A présent, j’aimerais évoquer les auteurs-compositeurs-interprètes que vous avez connus, et chantés. Je pense en particulier à Léo Ferré...

C. V. J’ai chanté Léo, pas assez à mon gré... J’aurais voulu tout chanter, c’est vrai ! Il nous a apporté tout un monde... Et Léo, ça ne bouge pas c’est une vraie musique, qui n’a pas d’époque, qui n’a pas de temps, qui, je pense, doit durer indéfiniment. Je crois que Léo Ferré ne sera jamais démodé, parce que si vous écoutez sa musique, ce n’est pas une musique de mode...

.............

M.P. Vous souvenez-vous de votre première rencontre avec Léo Ferré?

C.V. Oooh... là là! Je crois que, oui, je suis dans les premières personnes qu’il a vues, et que je l’ai connu lors de son arrivée à Paris, même avant qu’il ne chante. Il est arrivé chez moi, je ne sais pas pourquoi, comme ça, par hasard. J’ai eu cette chance de le connaître tout à fait à ses débuts. Il m’a donné La chambre et Le scaphandrier, et puis ensuite, il y a eu La vie d’artiste, enfin des choses qui étaient susceptibles d’entrer facilement dans mes possibilités. La vie d’artiste, que Léo a écrite avec Francis Claude, c’est une chanson qui nous ressemble, je crois que tous les artistes se sentent un peu concernés. Il y a toujours un petit quelque chose de vous dans une chanson.
Et puis après, j’entendais ses chansons et je disais « Léo, Léo, cette chanson je la voudrais bien » Et puis il a commencé à se produire dans tous les cabarets, et ç’a été tellement extraordinaire, parce que lui, malgré ce que j’ai pu lire, il a une voix ! Alors je voudrais bien qu’il vienne chanter maintenant, on pourrait le comparer à ces bêleurs lamentables que j’entends ! Ah non, c’était une vraie voix, bonne, claire... Mais pas une voix d’opéra, une voix ! Une voix de chanteur, justement, qui exprime avec tout son corps, tout ce qu’il a à dire, et avec énergie !... et avec amour, enfin. Il disait tout ce qui lui passait par la tête, en plus !... drôle, cocasse, violent ! Léo a apporté tant et tant d’images merveilleuses, il y a plein de tendresse, il y a plein d’amour, il y a plein de révolte, il y a plein de tout ce qu’on aime.

M.P. Vous pouvez me citer d’autres titres?

C.V. J’ai chanté un peu Les amoureux du Havre, puis Comme à Ostende...

M.P. Et Les forains?

C.V. J’aimais beaucoup l’atmosphère de cette chanson. Je ne l’ai pas beaucoup chantée, parce que ce n ‘était pas tout à fait pour moi. C’est assez vocal, il fallait plus d’ampleur.

M.P. Il y a surtout Le pont Mirabeau.

C.V. Ah ça... L’idée que ce poème d’Apollinaire soit mis en musique ne me plaisait pas. Et puis quand j’ai entendu la musique de Ferré... je ne dirais pas que ça ajoute, mais ça n’enlève pas. Tandis que toutes les autres musiques mises sur ce poème, enlevaient... Et il y en a eu ! Ce n’était pas mauvais, mais ça ne me plaisait pas. Tandis qu’avec Ferré, je me suis dit: « Je ne pensais pas qu’on pouvait le mettre en musique, mais finalement...

..........

M.P. Une que vous aimez bien, je crois, c ‘est Le temps du tango, sur des paroles de Caussimon.

C.V. Ah, oui! Ce n’est pas non plus une chanson dans ma couleur. Mais, dans un grand tour de chant, on peut mélanger des choses et les gens oublient comment vous êtes.

.........

M.P. Avec Catherine Sauvage et Germaine Montero, vous avez été l’une des premières à chanter Pauvre Rutebeuf.

C. V. Alors là, c’est toute une histoire, Pauvre Rutebeuf. Moi je connaissais Rutebeuf parce que, quand j’avais passé un concours au Conservatoire, on m’avait demandé: « Pouvez-vous me parler de Rutebeuf ?» J’avais dit: non !... Villon à la rigueur, mais Rutebeuf, c’était avant. Par la suite, je me suis rancardée !... Et quand Léo a pris les poèmes de Rutebeuf, c’était merveilleux ce qu’il avait réussi à ramasser dans plusieurs poèmes.
J’enregistre chez Pathé Pauvre Rutebeuf... On l’interdit !
On interdit la chanson parce qu’à ce moment-là, il y avait des interdits à la radio. Pourquoi ? Parce qu’il y avait « Et droit au cul quand bise vente... » : on n’avait pas le droit de dire ça. On ne pouvait pas la chanter, pas la passer. Alors j’étais très embêtée, même furieuse.
Léo n’était pas là, je me suis dit: « Ça m’embête, j’y tiens beaucoup... Alors que faire ? »
Et puisque c’est une chanson, quand même, d’amour: « Que sont mes amis devenus / Que j’avais de si près tenus et tant aimés/I Ils ont été trop clairsemés... » je mets « droit au coeur quand bise vente... », à la place de droit au cul... qui avait fait interdire la chanson.
Alors j’ai reçu un télégramme de Léo me disant: « Ma pauvre chérie, si tu confonds les deux, ça devient grave! »Bon !... On l’a laissée quand même comme ça, puisque ça avait pu passer... Mais Pathé n’a pas sorti le disque à l’époque*. Ç’a été chanté après par la chanteuse américaine, Joan Baez: « Et droit au kiuuu... » Ça passe, ça !... très bien !... Plus tard, je l’ai refait.., je l’ai enregistrée chez Le Chant du Monde avec la bonne fin. Ç’a finalement été permis à la radio, mais longtemps après quand même.

M.P. Avez-vous beaucoup fréquenté Léo Ferré?

C. V. Au départ, j’aimais bien Léo. Nous avons été assez amis. Après, il est devenu un peu... mégalo. Oh! on s’est engueulé quelquefois, mais qui ne s’est pas engueulé avec lui? Et puis on se retrouvait...
Un jour, au Rond-Point des Champs-Élysées, on se rencontre et puis il me dit:
- On se quitte pas comme ça, on va prendre un verre...
- Ecoute, y a rien dans Cet endroit!
On a regardé autour de la place et j’ai dit
- Oh! il y a le sous-sol de l’Élysée-Matignon, on est tranquille, personne vous embête**.
- Quoi, ce lieu bourgeois!
- Regarde ta voiture...
Il avait une voiture qui avait dix mètres de long avec deux énormes chiens.
Alors il m’a répondu : «Si tu veux, je viens dîner chez toi tel jour... »
Puis il me téléphone
- Je peux venir avec mon chien?
- Bah, on peut venir comme on veut chez moi, tu sais bien!
Et alors quand on a ouvert la porte, il y avait un Saint-Bernard qui nous dépassait tous ! Il s’est couché sur un lit. On lui a donné l’os du gigot et il l’a dévoré.
Léo était un vivant. Il jouait un personnage, avec des coups de gueule médiatiques, mais il était très différent dans la vie.

M.P. Et la plus belle chanson de Léo, laquelle est-ce selon vous?

C.V. Pour moi, c’est... « Avec le temps, va, tout s’en va... » C’est terrible, c’est une chanson superbe, avec des choses très simples, et cependant c’est un tel désespoir !... Dans Vingt ans aussi... En même temps, il y a toute la vie. Tout est raconté, et ça finit par un grand cri de désespoir, presque d’abandon... Mais pour moi, Avec le temps, c’est une chanson très bouleversante et à la fin je n’ai pas envie de pousser ce grand cri...

.........

C’était un être fabuleux !... Maintenant on dit «génial», je vous dirai pas « génial», c’est mieux que ça ! C’est un être humain. Du reste, on ne s’entendait pas toujours... Mais ce qu’il a écrit, de toute façon... Tout ! tout est bon !


**Ce titre, enregistré en avril 1957, attendra 1999 pour voi le jour sur un CD consacré à Cora Vaucaire.

**Cora fréquentait ce club réservé aux gens du spectacle, dont l’anima¬teur, le comédien Marc Dantzer, filtrait l’entrée.
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thierry



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MessagePosté le: Lun Nov 06, 2006 10:46 pm    Sujet du message: Répondre en citant

au sujet de Barclay Surprised)

M.P. Après quelques années d’absence des studios, vous signez avec Barclay en 1969...

C. V. Barclay ? J’ai reçu un coup de téléphone tard le soir, chez moi:
— Allô, c’est Eddie.
— Eddie qui?
— Barclay!
Alors j’ai lancé
— Ah oui ? Moi, c’est la Callas!
Finalement, on a pris rendez-vous. J’aimais beaucoup Barclay, c’était un type épatant. Il me voulait dans sa maison de disques, mais je lui ai répondu que je n’étais pas pour lui, qu’il me mettrait dans un fond de tiroir avec Ferré.
Il a réussi à me convaincre et j’ai dit à Michel que j’allais faire un album surprenant. Je voulais qu’il me fasse une chanson un peu mélo mais en rythme. On a travaillé et il a écrit le texte de Je n’irai pas à Saint- Tropez, et j’ai demandé la musique à Francis Lai.
J’ai donc d’abord fait un 45 tours qui est sorti pour l’été avec Saint-Tropez. Comme la chanson a démarré en flèche, Barclay m’a appelée pour me féliciter. L’année suivante, j’ai fait chez lui l’album «Comme au théâtre » avec une nouvelle version de Saint- Tropez et des chansons d’Aragon, de Jean Ferrat, Jean-Pierre Ferland, Pierre Louki, Anne Sylvestre, Jacques Debronckart...
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thierry



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MessagePosté le: Lun Nov 06, 2006 10:48 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Réflexion de Cora Vaucaire sur les interprètes :

Nous sommes deux-trois-quatre interprètes chantant la même chanson, et c’est quatre chansons différentes. C’est ça l’interprète il amène son domaine, son univers personnel, sa façon de comprendre.... Il amène tout ça à des gens, qui eux-mêmes le retransforment... Et ça, c’est merveilleux ! Quel parcours, quel joli chemin.
Grâce aux interprètes, une même chanson a des vies différentes. Chacun lui donne un nouvel éclairage en la passant au filtre de sa sensibilité. C’est tellement vrai qu’une spectatrice croyait que j’avais mis une autre musique sur une chanson qu’elle connaissait ! Et, à propos de Maintenant que la jeunesse, on m’a dit: « Ah, j’avais entendu cette chanson, il me semble que c’était pas tout à fait la même... »
Une chanson doit avoir plusieurs interprètes pour être explorée dans tous ses méandres. Et c’est heureux pour la chanson, parce qu’elle peut durer indéfiniment : l’interprète est là pour la faire entendre, jusqu’à la fin des temps !...
Je suis l’interprète, celle qui fait que, « longtemps après que les poêtes auront disparu », il y aura des interprètes et des gens comme moi qui se mettront au service d’un écrivain et d’un musicien. Si je chante des chansons du Moyen Age, c’est que depuis le Moyen Age, il y a des interprètes qui les chantent. Ce n’est pas l’auteur-compositeur, ça, c’est l’interprète qui vient et qui fait réentendre une chanson, qui aurait disparu probablement autrement.
C’est ça notre « parcours », comme on dit maintenant, c’est ça notre ambition, c’est de faire entendre des choses qui ne s’entendent plus, qu’on ne chante plus, et d’autres qu’on rechantera peut-être un jour parce que nous les avons chantées. Et c’est là l’utilité de l’interprète, c’est sa raison d’être.
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