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Alma Matrix de Léo Ferré
[Collection L]
9.00EUR

Collection les Étoiles

- Livre de 56 pages pliées, cousues
- Format 130 x 170 mm
- Papier de luxe
- 15 Illustrations inédites


Le grand texte érotique Alma Matrix, qui se situe dans la tradition de l'érotisme surréaliste... Dans plusieurs de ses créations, comme dans nombre d'entretiens, Ferré a déclaré son amour du sexe de la femme...

Extrait

J'ÉTAIS TOUJOURS DEVANT LA FILLE, le dos au feu. Le supplice, le seul : l'attente...quand on sait que cette attente sera forcée bientôt par l'un ou l'autre.

Elle jouait toujours du ciseau... une barrique de lubrifiant ! Curieux qu'une femme lubrique soit, étymologiquement, une femme glissante...L'eau devait lui monter à la bouche, son eau à elle. Le fil salive, m'avait-elle dit. Cela se voyait à la commissure des lèvres dont le suintement exigeait d'elle une une incessante mise au point, le bout de la langue ramenant à propos ce qui débordait. Cette onction salivaire lui donnait des complexes gestuels: devait-elle, au contraire, éponger l'exubérance du suc indigne ?-aurait-on dit de sa famille où les femmes ne faisait jamais la vaisselle, ni rien de ménager, à part certaines hâtive lessives lorsque le valet de chambre n'avait pas eu l'oeil assez vif, ce qui était rare, car il était avide de ces intimités délaissées dans un coin de la chambre ou de la salle de bain et il se régalait, la nuit, seul couchant avec ses maîtresses, par procuration. Il suçait les dessous avec une courageuse abnégation plus près de la gourmandise que du détersif. Éponger oui, à l'aide d'une pochette tout ajourée, repliée soigneusement et toute mouillée bientôt du spectacle grandiose qui allait être le mien. Tantôt elle avalait, tantôt elle épongeait. Il devenait urgent de mettre fin à ces apprêts. elle était un peu rouge, un peu mauve. Le sang bouillonnant la promenait sur sa palette. Ce que j'admirais, c'était l' art, une peinture mouvante, humaine. Sur une cimaise, elle eût fait recette. Ses mouvements divers, sur le sofa, qui était ceux de la bête s'informant, se lovant et bientôt écumant d'une certaine écume, avait dérangé l'alignement étudié de ses habits : son corsage, mi-ouvert, laissant apparaître le ventre d'une admirable fruit, placé là pour le plaisir d'un inquisiteur de hasard ou pour une caresse liminaire, quand on sait que le muscle se tend alors et provoque un gonflement léger qui fait s'épanouir les veines bleues irriguant l'appareil non encore en fonction. On dirait que la nature veille à l'esthétique avant que de donner la champ libre à l' acquéreur privilégié qu'elle ne choisit pas mais dont elle décide le moment ou' il pourra entrer en possession. on achète une femme, on la possède que lorsque elle se rend. Elle allait bientôt se rendre. Sa jupe était au ras du pelage court. Je regardais, c'était éblouissant comme on est ébloui, la nuit, sur la route, par des giclements de phares. Moi, j'étais tranquille avec mes feux de position et sûr de ma route. Elle n'était pas longue, ma route, mais je m'amusais à traîner. Je regardais. Une femme, quand elle vous est acquise, quand elle en a fini avec ses statures, ses arrêts, ses revirements, le shopping particulier qu'elle fait à votre vitrine, accepte avec passion de se livrer entière à vos yeux. Elle devient la vitrine, la boutique, et elle veut que tu la regardes , avant tout, que tu la regardes bien, dans le fond de sa viande, dans le fond de son fond, avec les bords aussi, tous les bords,et que tu t'y arrêtes en lui disant : "C'est bien". Elle veut être chassé, à portée d'os, de nez, de bouche, de langues comme des glaives. Elle veut que tu la mérites comme il faut mériter le gibier royal, et se signer devant, et dire: "C'est à moi". Il faut alors lui parler, mal, très mal, lui fabriquer des images, des poses particulières bien que banales, surtout si elles sont banales, ça aide à retrouver l' enfance et son imaginaire dans les choses défendues de la chair.

Alors, la Vulgarité devient somptueuse, de très haut vol. Tout est sale et tellement pur.

Les anges n'urinent jamais. Ils font de l'or.

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Alma Matrix de Léo Ferré
C'est trés troublant, je parcours les lignes de ce doux peti ..
5 sur 5 étoiles!

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