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Collection les Étoiles
- Livre de 44 pages pliées, cousues
- Format 130 x 170 mm - Papier de luxe
- 10 Illustrations inédites
On trouve ici des souvenirs manifestement personnels, fragments d'autobiographie réinventée par l'auteur. La présence des tramways est fréquente, comme souvent dans l'œuvre de Ferré, qui, depuis son enfance, aime follement ces machines de fer.
Extrait
Il est six heures ici et midi à New York ?
HongKong ? D'accord ! Et vous ?
En ce moment, tu te tourmentes dans ton aventure droite...
Et va donc !
Les traîtres, ça se cause à minuit, un peu avant de dormir...
Et ça vous fait dormir
Il est dix heures ici et mille miles sur l'autouroute de Vancouver
Il y a des oliviers en Toscane qui s'allument, fleuris, à la tramontane
Essorer, essorer... C'est ça le verbe de la pollution
Je suis pollué à cette heure préface
L'introduction du devoir et de l'amour...
C'est la messe à minuit de tes parfums superbes
Un peu en dessous de l'horizon, pour ne pas gêner les flamantsroses
Pink Floyd... Dans un moulin, la nuit, avec l'eau qui court en dessous de toi
Il y avait dans vos yeux, petite, ce soir, vers la marée descendante, Gare Saint-Lazare
Un peu de cette attente au bord du sacrifice... C'est délirant, non ?
L'amour, ça s'attend et puis, quand ça vient, c'est trop fort, comme un alcool dans le désert
L'amour, ça se prend, et ça se déshabille et ça se tache, et ça se pollue
Et ça recommence au bord de la mer Noire ou à Créteil...
Oui, à Créteil, dans cette forêt inventée hier matin dans le désastre de la fourmilière
Créteil, forêt blanche
JE PARLE À N'IMPORTE QUI
Aux insoumis
Aux arc-en-ciel
Aux putains galaxiques qui n'en finiront pas de nous arriver éteinte depuis
des temps et des temps
Aux assassins
Aux artistes
Aux prêtres
À ces oiseaux rapaces qui attende qui attendent le malheur sur l'autoroute
vers Zurich
Aux routiers
À Rutebeuf
À Jaques Prévert comme une misère adorée et qui ne vote pas
Aux lugubres sous les verres noirs d'un week-end à Cannes
À ce milliardaire impotent qui s'illumine de droiture et de sueur à kleenex de couleur et de préférance for man
Aux pavés secs de 68
À ceux mouillés des larmes de gosses
Au Président di Tribunal de Bougie qui ne m'amenèra jamais AMRIA au nom rouge et ses douze ans ce soir partis vers la peur et la vie qui va
Aux araignées qui filent
Aux architectes qui se foutent des araignées qui filent ou qui ne fileront jamais
À Ravel
Aux machines à écrire En as-tu pris des coups, petite !sous le style et les comptes et les graffiti chics et Shakespeare coincé là-bas dans son to be
Aux portes de secours dans ce ciné d'outre passé avec les chiottes pas loin où meurent les victoires
Aux chagrins orphelins dans les rues de la terre et puis danles chemins aussi avec de la bruhére
Aux chansons vagabondes avec du vague à l'âme
Aux trésors enfouis dans la tête des gens
Aux particules spécialisées dans la défaite
Aux paravents de biais sur mon âme en cache-nez
Aux radios dans la nuit qui halètent des signes
À ces draps que la Mort figurée te conseille
Je ne veux pas connaître la maison de ma mort
Èparpillé, petite, c'est comme ça que je meurs sur les hectares de Créteil, le soir, dans le tumulte
Àla sueur fidèle et que tu mouches vite
Aux pianos droits
Aux pianos faux
Aux pianos de misère
À cette girl septante fois putain septante fois misère septante fois caduque
À ce particulier qui pue tout ce qu'il sait et il en sait, j'vous jure !
Aux magasins cachés dans le port des obstacles
Aux rues barrées où le silence fait fortune
Àces deux copains-là qui se grattent la tête
Aux carnavals parqués à la Fête à Neuneu
Aux sources du Carmel quand les frangines coulent
À cet ixe barré sparadrap de fortune
Aux calices vidés dans les bars-tabernacles
Au coca goudronné de cette fleur de l'âge entrevue à minuit l'autre jour à Créteil
À tout ce qui la tient haut perchée glissante vers un djob de fortune
À l'archange mixé dans un drug de misère
À ce mouton vêtu de sang dans cette rue toscane
LASCIATE OGNI SPERANZA toi qui canes
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